Une discipline où les dyslexiques se distinguent

Article d’Audrey Duperron

Les parents d’enfants dyslexiques se désespèrent souvent que leur progéniture n’obtienne pas de bons résultats à l’école, s’inquiétant pour leur avenir. Quatre Américains sur cinq associaient la dyslexie avec un retard mental, dans un sondage de 2010. Ils ont tous tort. Carole Greider, Prix Nobel de médecine 2009, Richard Branson, le charismatique patron de Virgin, Ted Turner, le magnat des media, Henry Ford… Tous sont dyslexiques…..Des scientifiques ont longuement étudié une possible corrélation entre la dyslexie et l’entreprenariat….Aux Etats-Unis, le lien est encore plus flagrant, puisque plus d’un chef d’entreprise américain sur trois, 35%, exactement, se déclarent dyslexiques …

Finalement, analyser, déléguer, se débrouiller, connaître la difficulté et les échecs… Les dyslexiques n’excellent peut-être pas dans toutes les disciplines à l’école. Mais ils ont sûrement tous les atouts pour bien maîtriser les fondamentaux du rôle d’entrepreneur.

Pour en savoir plus

Groupe de travail sur le parcours de soins des enfants et des adolescents présentants des troubles du langage et des apprentissages

Commission nationale de la naissance et de la santé de l’enfant et de l’adolescent

Groupe de travail sur le parcours de soins des enfants et des adolescents présentant des troubles du langage et des apprentissages

Objectifs du groupe de travail

Il s’agit de proposer des pistes d’amélioration du parcours de soin des enfants atteints de troubles des apprentissages dans un souci de prise en charge adaptée à chaque enfant. Les propositions du groupe, après état des lieux, ont pour objectifs de cibler les priorités, tout en tenant compte des moyens humains médicaux et para médicaux actuellement disponibles dans un souci d’optimisation de leurs compétences.

Nous ne pouvons qu’adhérer aux constats faits par ce groupe de travail et à la synthèse sur la problématique mis en annexe1.

 

Pour en savoir encore plus voir le site du CNNNS

En bref quelques points :

  • Une prise en charge précoce adaptée des troubles constitue un bon investissement pour le futur. (meilleure insertion scolaire et professionnelle)
  • Un certain nombre d’enfants présentant des troubles de langage et d’apprentissage sont repérés tardivement, après un redoublement, ou déjà en situation d’échec scolaire ;
  • La formation initiale des enseignants sur les troubles des apprentissages et sur les pédagogies efficaces est insuffisante ;
  • Les liens enseignant/médecin/psychologue scolaires ne sont pas assez systématisés ;
  • Les médecins de ville sont souvent insuffisamment formés aux troubles des apprentissages pour pouvoir jouer leur rôle dans le diagnostic, la prescription de bilans et de rééducation ainsi que dans la guidance familiale ;
  • Lorsque les parents alertent sur les troubles d’apprentissage, il n’est pas rare qu’un professionnel de l’enfance (santé et/ou pédagogie) rassure à tort causant ainsi un retard dans la prise en charge ;
  • Dans certains les professionnels, dont les orthophonistes, sont en nombre insuffisant ;
  • Les rééducateurs (orthophonistes, ergothérapeutes, psychomotriciens) n’établissent pas toujours des bilans précis quantitatifs et qualitatifs nécessaires en début et fin de prise en charge ;
  • L’absence de synthèses précises et d’objectifs clairement explicités, met les parents en difficulté ;
  • La non reconnaissance financière des consultations longues et pluridisciplinaires par les paramédicaux (ergothérapeute, psychomotricien, psychologue, orthoptiste), exception faite pour les orthophonistes. Se pose alors le problème d’équité dans l’accès aux ressources.

Le Lien entre les centres référents, la MDPH et l’éducation nationale

Actuellement, et en contradiction avec les textes définissant leurs missions, le recours aux centres de référence pour les troubles spécifiques d’apprentissage du langage (CRTLA), est considéré par les familles mais aussi par certains professionnels comme le seul moyen d’avoir accès à une équipe pluridisciplinaire et à une synthèse experte pour l’enfant permettant une évaluation de qualité.

De leur coté, les MDPH font fréquemment du recours au CRTLA un préalable à l’attribution de compensations spécifiques liées au handicap.

Ces attitudes provoquent inévitablement un flux trop important, en inadéquation avec la fonction des CRTLA qui est celle de faire une analyse des troubles les plus complexes après une évaluation générale de l’enfant, de son histoire, de son environnement et ceci génère de nombreuses difficultés en particulier :

  • un engorgement des CRTLA ;
  • un délai de prise en compte des demandes important ;
  • un éloignement géographique ;
  • une exclusion de fait des populations les moins favorisées ;
  • une exclusion parfois involontairement aggravée par les procédures de sélection ou de lourdeur de construction d’un dossier.